Mon enfant explose quand il rentre de l'école : ce que dit la science

Bonne journée à l'école, maîtresse ravie… et puis vous franchissez la porte, et c'est le chaos. Un crayon mal taillé déclenche un drame, son goûter préféré n'a plus la cote, la petite sœur respire trop fort. Vous avez l'impression qu'il "fait exprès". Et pourtant non.

Mon enfant explose quand il rentre de l'école : ce que dit la science

Le moment où tout déraille

Vous connaissez forcément la scène. Toute la journée, votre enfant a tenu bon : il a levé le doigt, attendu son tour, rangé ses affaires, gardé son calme dans le brouhaha de la cantine. Puis il passe la porte de la maison… et il relâche tout. Pourquoi ici et pas en classe ? Parce que c'est précisément ici qu'il se sent assez en sécurité pour "exploser". Vous n'êtes pas le problème : vous êtes le refuge, sa "safe place" (ce qui, à 18h, n'aide pas forcément, on le concède).

Ce n'est pas un caprice, c'est un signal

Ce qui ressemble à de la mauvaise volonté est en fait souvent un cerveau à plat. Toute la journée, votre enfant a fait tourner son contrôle inhibiteur (cette fonction qui permet de patienter, de résister, de ne pas hurler "c'est nuuul" en plein cours). Sauf qu'à force, il s'épuise. En fin de journée, il est plus dur à mobiliser, et la moindre contrariété devient une affaire d'État.

Ce qui se passe dans sa tête

On vous rassure tout de suite : ce n'est ni un caprice ni un complot contre vous, juste de la neuro. 

Le contrôle de soi (résister à une envie, attendre son tour, ne pas hurler quand on est contrarié) repose sur les fonctions exécutives, un ensemble de capacités pilotées par le cortex préfrontal. Et ces fonctions ont une caractéristique importante : elles sont parmi les premières à flancher quand on est fatigué, stressé ou triste. C'est ce que rappelle Adele Diamond, professeure titulaire de la Chaire de recherche du Canada en neurosciences cognitives du développement à l'University of British Columbia, dans l’une de ses principales revues de référence sur le sujet.¹

Autrement dit : les premières capacités à baisser les bras sont justement celles qui nous servent à "bien nous tenir". Et chez l'enfant, c'est encore plus marqué : le cortex préfrontal est l'une des dernières régions du cerveau à arriver à maturité. Forcément, il flanche plus vite que celui d'un adulte face à la fatigue d'une journée d'école.

3 réflexes à adopter

Réduisez sa charge : Au moment précis où ses ressources sont dans le rouge, ce n'est pas le moment de lui demander de ranger sa chambre, raconter sa journée et de faire ses devoirs. Une chose à la fois.

Offrez un sas de décompression : Prévoyez un rituel qui lui permette de décompresser à son retour. Un goûter tranquille, un moment à soi, une activité sans enjeu (courir, jouer au ballon, lire…), le temps qu'il récupère un peu d'énergie.

Reportez les sujets qui fâchent : La discussion sur l'écran ou le désaccord de la veille attendra. On rouvre le sujet plus tard, quand son préfrontal a repris les commandes.

Alors non, votre enfant ne vous teste pas. Il vous montre juste, à sa manière (bruyante), qu'il a tout donné aujourd'hui.

Sources :